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Embarquez-vous dans la lutte?

12 mars 2015


Le CALACS francophone d’Ottawa

possède 20 ans d’expérience à soutenir les survivantes d’agression sexuelle. De par notre approche féministe, on se rend dans vos organismes dans le respect de vos réalités, pour y créer des échanges et des réflexions, qui sont fondamentaux afin d’encourager ces jeunes citoyennes et citoyens à faire partie de la solution. Nos ateliers de prévention et de sensibilisation, offrent aux jeunes un lieu sécuritaire leur permettant de comprendre l’agression sexuelle, un problème de société qui trouve ses racines dans les inégalités entre les hommes et les femmes.

En tant qu’animatrice de prévention et de sensibilisation auprès des ados, j’ai constaté que plusieurs cherchaient des repères lorsqu’il était question de consentement, d’exploitation sexuelle, de mythes et réalités et, très souvent, veulent savoir comment aider une de leur pair qui a été victime d’agression sexuelle. La peur, la honte, la culpabilité sont souvent des émotions qui  empêchent les survivantes d’aller chercher du soutien.  

Quelle chance j’ai de pouvoir travailler dans un CALACS avec des partenaires qui sont engagés dans la cause ! Chaque fois que j’offre un atelier ou encore que je me déplace pour accompagner une jeune, je m’engage à créer un rapport égalitaire en encourageant un dialogue de transparence et d’ouverture, avec un réel souci de rendre visible la  diversité. Dans nos ateliers, nous encourageons les débats ! Ho que oui. Lorsqu’on mentionne qu’une femme sur trois est victimes d’agression sexuelle, il y a inévitablement un jeune qui nous demande : « Pourquoi parlez-vous des filles et des femmes agressées sexuellement ? Les gars aussi sont agressés sexuellement ! » Oui, un gars sur cinq. Jamais nous ne minimisons une victime, bien au contraire. Nous offrons des services externes pouvant aider les gars qui ont besoin d’aide afin de guérir des blessures des agressions sexuelles.

Par contre, on se doit de remettre les pendules à l’heure. Dans la grande majorité, les agressions sexuelles seront commises par un homme, proche de la survivante. Conscients de ce fait, les gars nous mentionnent souvent à quel point les agressions sexuelles des filles et des femmes les affectent à plusieurs niveaux. Je leur parle alors de consentement ! Parler de consentement dans les écoles, c’est de promouvoir le respect des limites personnelles et celles des autres, d’encourager les jeunes à s’épanouir au sein de relations égalitaires et d’éclaircir certaines notions qui, d’après ce qu’ils me disent, leur apparaissent floues.

Je leur réponds : « Vous avez bien raison, l’exploitation sexuelle des filles brouille la notion du consentement. Cette exploitation commence à un très bas âge et affectera toutes les femmes.». Encore trop souvent, je rencontre des ados qui ont été désinformés et qui seront porteur d’opinions teintés d’intolérance, de sexisme, d’homophobie et de xénophobie. Cette désinformation est dangereuse car beaucoup trop souvent, elle banalise et perpétue l’agression à caractère sexuelle, en plus d’emprisonner les femmes et les filles dans un silence douloureux.

L’agression sexuelle des filles et des femmes est un problème grave, qui appartient à l’ensemble de la société. Soyez assurés que je ne manquerai jamais une occasion pour lancer un message de solidarité et d’espoir aux filles et aux femmes. Je leur dit qu’elles ne sont pas seules, qu’elles ont droit à des services en français qui sont confidentiels et gratuits, dans un respect total de leur cheminement.

Inviter le CALACS dans votre école, c’est de faire le cadeau à vos étudiantes de leur offrir un espace d’être entendues, d’être crues et d’être accueillies dans leur souffrance, si elles ont besoin d’un tel espace. Le CALACS francophone d’Ottawa veut que  chaque étudiante et étudiant puisse se nourrir de partages, de vécus et de courage, pour que dès l’adolescence, ils deviennent des agentes et agents de transformation sociale.

C’est en consolidant nos forces et notre volonté de faire une différence qu’on peut briser la chaîne collective de la violence. Embarquez-vous dans la lutte ?   

Gabrielle Pelletier,

Animatrice de prévention et de sensibilisation