Définitions et formes

L’agression à caractère sexuel peut se manifester sous plusieurs formes dans la vie des filles et des femmes :

Les formes : L’inceste, l’abus sexuel durant l’enfance, le rendez-vous qui finit mal (date rape), l’agression sexuelle par un conjoint ou partenaire, le viol collectif, le viol ou tentative de viol, le harcèlement sexuel, l’exploitation sexuelle, la cyber agression à caractère sexuel.

Des contextes particuliers : l’abus organisé, l’abus rituel, le viol lors de conflits armés.

Les phénomènes particuliers : mutilations génitales, traite des femmes et enfants, pornographie juvénile, cyber agression à caractère sexuel, les drogues du viol, séquestration.

L’inceste

L’inceste est un abus de pouvoir par lequel un membre de la famille amène un enfant à participer à des activités sexuelles. Ce type d’abus peut se poursuivre à l’âge adulte. Un membre de la famille ne se limite pas aux personnes liées par le sang mais peut inclure d’autres personnes faisant partie de la dynamique familiale (conjoint de la mère, ami proche de la famille, etc.). Les facteurs d’influence sont le type d’abus, l’âge, la durée et la fréquence de l’abus, le lien relationnel entre l’enfant et l’agresseur, la proximité de l’agresseur au quotidien et son degré de responsabilité face au bien-être de l’enfant. L’agresseur utilise son pouvoir pour influencer et manipuler l’enfant afin de s’assurer de maintenir le secret du crime qu’il commet. Il peut également recourir à la force ou à des menaces pour commettre son délit. Cette forme d’agression sexuelle ne sous-entend pas nécessairement qu’il y ait contact physique. L’agression sexuelle peut impliquer, entre autres, des attouchements, de l’exhibitionnisme et du voyeurisme.

L’abus sexuel durant l’enfance

Toutes formes d’attouchements ou de gestes de nature sexuelle directs ou indirects faites à un enfant âgé de moins de 16 ans avec ou sans sa permission ou sous une contrainte physique ou psychologique quelconque. Ces attouchements de nature sexuelle portent atteinte à l’intégrité sexuelle de l’enfant. L’autorité et le pouvoir permettent à l’agresseur, implicitement ou explicitement, d’imposer des actes sexuels à l’enfant ou de forcer ce dernier à la soumission sexuelle.

Viol

Un viol est une pénétration imposée et forcée dans le vagin, le rectum ou la bouche sans consentement entre les deux personnes.

Harcèlement sexuel

Tout comportement, commentaire, geste ou contact de nature sexuelle non désiré, qui s’est produit une ou plusieurs fois et qui a comme objectif d’intimider la personne et de la traiter comme un objet sexuel. Le harcèlement sexuel peut menacer la sécurité d’une personne, tout en créant un milieu de vie stressant et non sécuritaire.

Note : l’agresseur peut être un collègue de travail ou d’étude, un patron, un ancien « chum » ou un étranger.         

Rendez-vous qui finit mal (date rape)

Il s’agit de deux personnes qui ont déjà été en contact de manière directe ou indirecte et qui ont choisi de se rencontrer de plein gré, mais les choses tournent mal. Avec le rendez-vous qui finit mal, la femme ne consent pas à une relation sexuelle ou à la poursuite d’une relation sexuelle. L’agresseur ne respecte pas ses limites et décide d’arriver à ses fins de gré ou de force.

Note : Il est important de noter que l’agresseur peut présenter une fausse identité afin d’influencer, de manipuler et de contrôler la victime.

Agression sexuelle par un conjoint ou partenaire

Un partenaire intime qui ne s’assure pas d’avoir le consentement avant la relation sexuelle, qui fait usage de menaces, d’intimidation, de contrainte, de diffamation, de manipulation. Il exerce des pressions et a des comportements indésirables de nature sexuelle qui portent atteinte à l’intégrité sexuelle d’une personne.

Note : Depuis janvier 1983, au Canada on peut accuser son mari, son concubin, son amant, sa partenaire d’agression sexuelle.

Viol collectif

Il y a viol collectif lorsque deux personnes ou plus agressent sexuellement une ou plusieurs autres personnes. Ce type d’agression peut s’apparenter à un acte prémédité et pratiqué lors des rites d’initiation. Il est également utilisé dans des contextes qui ne sont pas organisés et est largement influencé par l’industrie du sexe. C’est un moyen « collectif » que les hommes utilisent pour exercer un pouvoir, une autorité ou pour imposer un contrôle sur les femmes.

Abus rituel

Forme d’exploitation sexuelle qui regroupe toutes les formes d’abus possibles soit l’abus psychologique et émotionnel, l’abus sexuel, physique et spirituel. Les abus sont organisés et orchestrés dans le but de détruire le sens d’identité et de liberté des personnes qui en sont victimes et ce, afin d’obtenir un contrôle absolu et continu de leur personne. Ces actes criminels sont extrêmes, sadiques et considérés comme des actes de tortures. Ce genre d’abus tient ses origines principalement du milieu familial auquel d’autres membres de la communauté (hommes et femmes) se joignent pour former un réseau d’abus clandestin. Les abus sont perpétrés dès la petite enfance, à répétition, de façon continue et sur une longue période de temps.  Ils sont commis au quotidien dans le but de conditionner les victimes à être dociles lors des abus perpétrés en groupe. La programmation, une technique de contrôle de la pensée, est la pierre angulaire de ce genre d’abus.

Les agresseurs utilisent ainsi différentes méthodes de programmation dans le but de créer un sentiment de terreur continu, de créer la dissociation et la confusion, d’imposer le silence et de manipuler les victimes. Il est principalement question de l’utilisation d’un système de croyance. Toutes formes de croyances et d’idéologies sont utilisées dont des croyances religieuses, spirituelles, mystiques, ou simplement une croyance attribuant un pouvoir tout puissant aux agresseurs. Les méthodes utilisées pour la programmation impliquent, entre autres, des simulations, des mises en scène, des rituels et des cérémonies de types religieux. Les agresseurs visent à obtenir un pouvoir absolu et continu des personnes qu’ils agressent au sens où elles peuvent être sous leur contrôle jusqu’à l’âge adulte et parfois même toute leur vie.    (Jacques, C. 2008)

Viol lors de conflits armés

Les agressions à caractère sexuel lors des conflits armés constituent une stratégie politique délibérée. Les femmes et les filles sont particulièrement victimes d’agressions sexuelles utilisées comme arme de guerre pour humilier, dominer, intimider, disperser ou réinstaller de force les membres civils d’une communauté ou d’un groupe ethnique. Pour renforcer leur sentiment de honte, des femmes sont souvent violées devant leurs proches. Dans certains cas, cette forme d’agression sexuelle peut persister à la fin des hostilités. 

(Sources : Conseil de sécurité de l’ONU, résolution 1820, 2008, et définition de Sandrine Ricci, 2007, adaptées par le CALACS francophone d’Ottawa, septembre 2008)

La traite humaine

Définition selon le Comité d'action contre la traite humaine et internationale. Pour plus d'informations, veuillez consulter en ligne 

Introduction
La traite humaine est un phénomène complexe et constitue une atteinte aux droits fondamentaux de la personne. Les estimations sur la traite des personnes dans le monde varient considérablement au fil des ans. Cela s’explique en partie par le caractère clandestin de la traite des personnes, mais aussi par l’absence de définition commune, de coordination des ressources et par le sous-financement de la recherche.

Définition
Il s’agit de l’exploitation des personnes, telle que l’exploitation sexuelle à travers la prostitution, le travail forcé et d’autres formes d’esclavage moderne.
Les victimes peuvent être contraintes par la menace, la force, l’enlèvement, la fraude, la tromperie, l’abus d’autorité. Le consentement d’une victime de la traite n’est pas valable s’il n’est pas donné librement, par exemple lorsque l’un des moyens plus haut mentionnés a été utilisé. Elle implique souvent le transport des victimes au-delà des frontières ou à l’intérieur d’un pays. Elle cible généralement les plus vulnérables. C’est pourquoi les femmes et les enfants sont souvent les victimes.

L’Hypersexualisation

L’hypersexualisation est une des manifestations de l’exploitation sexuelle des filles et des femmes et s’inscrit dans un contexte d’inégalités entre les sexes ; elle a des répercussions sur tous les groupes d’âge et débute dans l’enfance. Tôt dans leurs apprentissages, les enfants seront socialisés à adopter des comportements d’adultes très stéréotypés. Tout cela, avec une utilisation de manière massive, omniprésente et sexiste du corps de la femme et ce, dans toutes les sphères de la société. 

Cette manière d'exploiter les filles et les femmes encourage les diverses formes d’agression sexuelle en banalisant la violence faite aux filles et aux femmes, en plus de normaliser le comportement des agresseurs. L'hypersexualisation pousse les filles et les femmes à correspondre aux critères de beauté, imposés par la société (féminine, sexy, soumise, séductrice, etc.). Elle ne s’opère pas dans un contexte de liberté de choisir, mais apparaît comme une manière de contrôler la sexualité des filles et des femmes.  

L'exploitation sexuelle des filles et des femmes

Le CALACS francophone d'Ottawa soutien les valeurs de l'organisme CLES (Concertation et de lutte contre l'exploitation sexuelle)

Voici la déclaration de la CLES, pour plus d'informations à ce sujet, nous vous invitons à consulter le site web de CLES.

 

Déclaration

Nous, citoyennes et citoyens du monde, engagées pour un monde d’égalité, de justice, de liberté, de paix et de solidarité,

  • Croyons qu’un autre monde est possible : un monde libéré de la prostitution et de toutes les autres formes d’exploitation sexuelle;
  • Considérons que l’exploitation sexuelle, fondée sur la marchandisation du corps et sur le contrôle de la sexualité des femmes par les hommes, se situe dans un continuum incluant la prostitution, la pornographie, le mariage forcé, le mariage par correspondance, l’esclavage sexuel, le trafic sexuel (interne et international) et les agressions sexuelles de toutes sortes;
  • Reconnaissons que la source de la prostitution est la demande créée par des hommes qui se donnent le droit d’acheter et d’exploiter sexuellement les femmes et les enfants;
  • Rappelons que la mondialisation du proxénétisme et du trafic sexuel, qui alimente l’industrie du sexe aux quatre coins du monde, touche 4 millions de personnes, surtout des femmes et des enfants, particulièrement des fillettes, issues des pays du Sud et d’Europe de l’Est (selon l’ONU);
  • Soutenons que la prostitution n’est pas un travail, encore moins une liberté ou un « droit » de disposer de son corps, mais qu’elle est une aliénation et un rapport de pouvoir, conséquences des inégalités sociales et du manque de choix dans la vie de toutes les femmes;
  • Affirmons que l’industrie du sexe est profondément sexiste et raciste, qu’elle est fondée sur les inégalités entre les femmes et les hommes, entre les ethnies, entre les pauvres et les riches et entre les pays du Sud et du Nord;
  • Dénonçons l’industrie du sexe qui exploite la misère et la vulnérabilité des personnes et des groupes sociaux les plus fragilisés dans le contexte global de la mondialisation, notamment dans des situations marquées par la guerre, les conflits, les crises économiques, sociales, politiques et environnementales;
  • Refusons la répression, la discrimination et la criminalisation des personnes prostituées;
  • Revendiquons que la lutte contre toutes les formes d’exploitation sexuelle fait partie intégrante du combat pour le respect des droits humains et pour l’égalité entre les sexes et entre les peuples;

Solidaires de toutes les personnes exploitées sexuellement, nous nous engageons à ce que la lutte contre la prostitution et toutes autres formes d’exploitation sexuelle soient au cœur de nos orientations et de nos actions citoyennes pour le respect des droits humains, pour l’égalité entre les sexes, et pour l’élimination de la violence.

Drogues du viol

Dans l’ensemble, les « drogues du viol » sont des substances qui peuvent affecter de façon significative ou même supprimer les fonctions qui permettent généralement de consentir à une relation sexuelle. On mentionne souvent les effets suivants de ces drogues : perte de conscience, jugement faussé, absence d’inhibition donnant une impression de collaboration ou de soumission, confusion, ainsi qu’excitabilité dans certains cas. L’agresseur utilise la drogue du viol pour contrôler sa victime dans le but de l’agresser sexuellement. Les agresseurs peuvent utiliser ces drogues en les ajoutant au verre, d’alcool le plus souvent, à l’insu de la victime ciblée ou elle peut également avoir été manipulé par l’agresseur pour consommer les substances.

Il existe environ une quarantaine de substances qui sont utilisées à cette fin, en voici les plus fréquentes :

  • L'alcool est la première drogue utilisée pour agresser sexuellement une autre personne;
  • Le GHB (drogue du viol, GH, liquid ecstacy, liquid X, fantasy, scoop). Il est vendu sous forme de poudre, de liquide, de capsule ou de granulés à dissoudre;
  • La Kétamine (spécial K, vitamine K, ket, ketty, ké.). On la retrouve sous forme de comprimés ou de capsules;
  • Le Rohypnol (la rocha, roche, ropes, roofies, roples, ruffles, rophies) C'est un comprimé blanc, un peu plus petit qu'une aspirine;
  • Les autres benzodiazépines (Xanac, Lectopam, Rivotril, Valium, Ativan, Sérax, Halcion, etc.). Ce sont des comprimés de différentes tailles et couleurs.

Note:

  • Nous reconnaissons qu'une forte intoxication d'alcool et d'autres substances  peuvent amener la victime à une amnésie partielle.
  • Une femme peu habituée aux excès peut se faire entraîner à consommer à l'excès, ce qui peut entraîner un grand trou de mémoire et une soumission chimique.
  • L'alcool et les autres substances ne sont pas la cause des agressions à caractère sexuel.
  •  Peu importe la quantité d’alcool ou de drogues  consommés, les agresseurs sont toujours responsables de leurs gestes. 
  • L'alcool affecte le jugement mais il n'est pas une excuse pour agresser sexuellement. L'intention d'agression  était présente avant la consommation. Lorsqu'on n’a pas un consentement réel, ce n'est pas un consentement!